L'essentiel
En bref : Parmi les personnes prises en charge pour hypnotiques en France en 2024, 63 % sont des femmes et 37 % des hommes (Cnam/DSES/DEPP, Cartographie des pathologies et des dépenses), soit environ 70 % de femmes en plus que d'hommes parmi les patients traités, et non 60 %. C'est un écart mesuré parmi...
Mis à jour le 1 septembre 2026
En bref : Parmi les personnes prises en charge pour hypnotiques en France en 2024, 63 % sont des femmes et 37 % des hommes (Cnam/DSES/DEPP, Cartographie des pathologies et des dépenses), soit environ 70 % de femmes en plus que d’hommes parmi les patients traités, et non 60 %. C’est un écart mesuré parmi les patients pris en charge, pas un taux de consommation ajusté par âge.
📊 Le chiffre réel : 63 % de femmes, 37 % d’hommes
La Cartographie des pathologies et des dépenses (Cnam/DSES/DEPP), fiche « Traitements hypnotiques (hors pathologies) », millésime 2024, recense 1 075 000 personnes prises en charge pour hypnotiques en France, avec un taux brut de 15,9 pour mille. Parmi ces personnes, 63 % sont des femmes et 37 % des hommes.
Le ratio 63/37 donne environ 1,70 : les femmes prises en charge pour hypnotiques sont environ 70 % plus nombreuses que les hommes, et non 60 % comme l’affichait initialement le titre de cet article. Le chiffre du titre a été corrigé en conséquence ; le reste du titre et l’angle de l’article n’ont pas changé.
Cette part de femmes est stable d’une région à l’autre : calculée région par région à partir des effectifs de la même fiche (18 régions, DROM séparés), elle varie de 57,4 % à La Réunion à 65,1 % en Pays de la Loire, un intervalle resserré autour de la moyenne nationale de 63 %, qui suggère un phénomène national plutôt qu’un effet régional marqué.
⚠️ Pourquoi ce n’est pas un « taux de consommation » comparable entre sexes
63 % et 37 % sont des parts de patients pris en charge, pas un taux de consommation normalisé par la population féminine et masculine réelle. Les femmes sont, en France, plus nombreuses aux âges où les hypnotiques sont le plus prescrits. Sans ajustement démographique par âge, on ne peut donc pas affirmer que « les femmes consomment plus » à âge égal : on peut seulement dire qu’elles sont majoritaires parmi les personnes traitées, toutes tranches d’âge confondues.
La fiche Cnam/DSES/DEPP elle-même publie, pour chaque région, un taux brut et un taux standardisé distincts, précisément parce que la structure d’âge d’une population fait varier le taux brut sans refléter un écart de risque réel. Le chiffre national de 63 %/37 % cité dans cet article est une part de patients pris en charge (un décompte de personnes), et non l’un de ces taux standardisés par âge : c’est un chiffre solide sur qui est traité, mais il ne permet pas, à lui seul, de trancher la question du risque de traitement par hypnotique à âge identique entre un homme et une femme.
🧠 Ce qu’on sait par ailleurs sur la prévalence de l’insomnie selon le sexe
Une autre source, distincte par sa méthodologie et son année, documente un écart comparable sur la plainte d’insomnie elle-même : selon le Baromètre santé de Santé publique France publié dans le BEH n°8-9/2019 (données 2017, population 18-75 ans), la prévalence de l’insomnie chronique est de 13,1 % en population générale, avec 16,9 % chez les femmes contre 9,1 % chez les hommes. Ce chiffre ne doit pas être fusionné avec celui de la Cartographie 2024 : les deux sources n’ont ni la même année, ni la même méthodologie (déclaration en population générale d’un côté, prise en charge médicamenteuse recensée par l’Assurance Maladie de l’autre).
❓ Ce qu’on ne peut pas dire
Les causes de cet écart, qu’elles soient hormonales, sociales ou liées à l’accès aux soins, ne sont pas documentées par les deux sources citées ici, qui mesurent un résultat (la part de femmes parmi les patients traités ou parmi les personnes en plainte d’insomnie), pas ses causes. Aucune extrapolation causale n’est faite dans cet article.
📖 Pour aller plus loin, consultez notre page d’outils sur le sommeil et notre guide complet du sommeil.
Quand consulter un professionnel de santé ?
Les conseils d'hygiène du sommeil apportent un soutien quotidien mais ne remplacent pas un diagnostic médical. Prenez rendez-vous avec votre médecin traitant si :
- Vos difficultés durent plus de 3 mois à raison d'au moins 3 nuits par semaine (critère d'insomnie chronique).
- Vous ressentez une somnolence diurne incontrôlable ou des risques d'endormissement au volant.
- Votre entourage constate des ronflements bruyants avec arrêts respiratoires (suspicion d'apnée obstructive).
- Vous ressentez des impatiences, des douleurs ou des brûlures dans les jambes au repos.


