L'essentiel
La mélatonine, l'hormone qui régule notre sommeil, ne se trouve pas seulement en pharmacie : elle est naturellement présente dans certains aliments comme les cerises acides, les pistaches, les baies de goji, les œufs ou encore le lait. Mais attention à ne pas tirer de conclusions hâtives : les quantités contenues dans l'assiette sont des...
Mis à jour le 23 août 2026
La mélatonine, l’hormone qui régule notre sommeil, ne se trouve pas seulement en pharmacie : elle est naturellement présente dans certains aliments comme les cerises acides, les pistaches, les baies de goji, les œufs ou encore le lait. Mais attention à ne pas tirer de conclusions hâtives : les quantités contenues dans l’assiette sont des centaines à des milliers de fois plus faibles que celles d’un comprimé de complément1. Alors, manger une poignée de pistaches le soir peut-il vraiment aider à mieux dormir ? Plongeons dans ce que dit la science, sans promesses miracles.
Les aliments les plus riches en mélatonine
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la mélatonine n’est pas réservée aux gélules. Elle est présente naturellement dans un certain nombre d’aliments courants. D’après le site médical WebMD, voici les principaux candidats1 :
- Les cerises acides (tart cherries) et leur jus, probablement les aliments les plus médiatisés sur ce sujet.
- Les fruits à coque et légumineuses : les pistaches arrivent en tête, suivies des noix et des amandes. Côté légumineuses, les lentilles, le soja et les pois chiches contiennent aussi de la mélatonine.
- Les baies de goji, souvent citées parmi les sources végétales les plus concentrées.
- Les œufs, qui figurent parmi les meilleures sources animales.
- Le lait, qu’il soit humain ou animal, présente des taux élevés de mélatonine.
- Les champignons, notamment les champignons de Paris et les cèpes (porcini).
- Les poissons, avec le saumon en première ligne.
Le site Sleep Foundation cite quant à lui les cerises acides Montmorency, le jus de cerise acide non sucré, les pistaches, les amandes, les œufs et le lait parmi les aliments riches en mélatonine4.
Un point important à garder en tête : les bases de données alimentaires ne renseignent souvent pas la quantité exacte de mélatonine par aliment1. Autrement dit, personne ne peut vous dire précisément combien de microgrammes se cachent dans votre portion de lentilles du soir. C’est une limite honnête qu’il faut assumer quand on parle de ce sujet.
Ce que disent les études sur les cerises acides
Le jus de cerise acide, et particulièrement celui de la variété Montmorency, a fait l’objet d’un essai clinique publié en 2010 dans le Journal of Medicinal Food par l’équipe de Pigeon et ses collègues de l’université de Rochester2.
Le protocole était sérieux : un essai randomisé en double aveugle avec cross-over, mené chez 15 adultes âgés souffrant d’insomnie chronique. Les participants ont consommé du jus de cerise acide pendant 2 semaines (16 oz par jour, soit environ 470 ml), puis un placebo pendant 2 semaines, avec 2 semaines de période de wash-out entre les deux phases.
Les résultats ? Nuancés, comme souvent en science :
- Réduction significative du temps passé éveillé après l’endormissement par rapport au placebo.
- Environ 30 minutes de sommeil en plus rapportées par les participants eux-mêmes.
- Mais aucune amélioration significative de la latence d’endormissement, du temps total de sommeil ni de l’efficacité du sommeil selon l’analyse complète de l’étude.
Les auteurs qualifient cet effet de « modeste », tout en notant qu’il est comparable ou supérieur à certaines études menées sur la valériane et la mélatonine en complément2. Un verre de jus de cerise n’est donc pas une baguette magique, mais l’effet observé n’est pas négligeable non plus.
Le kiwi, l’aliment le plus étudié pour le sommeil
Surprise : le kiwi n’apparaît pas dans les listes classiques des aliments riches en mélatonine, mais il s’agit pourtant de l’un des aliments les plus étudiés scientifiquement pour le sommeil. Une étude de la Taipei Medical University, publiée en 2011 dans l’Asia Pacific Journal of Clinical Nutrition, a suivi 24 adultes souffrant de troubles du sommeil auto-rapportés3.
Leur mission : manger 2 kiwis 1 heure avant le coucher, chaque soir, pendant 4 semaines. Les résultats ont été mesurés de trois façons différentes : journal de sommeil, questionnaire standardisé de qualité de sommeil et actigraphie (une montre de suivi du sommeil).
Et les chiffres sont plutôt impressionnants :
- Latence d’endormissement réduite de 35,4 %
- Temps total de sommeil augmenté de 13,4 %
- Temps d’éveil après endormissement réduit de 28,9 %
Attention cependant : ces chiffres proviennent d’une étude de petite taille (24 participants) et sans groupe placebo. Les chercheurs eux-mêmes restent prudents sur le mécanisme. Leur hypothèse : l’effet serait lié à la combinaison de sérotonine, d’antioxydants (vitamine C, vitamine E, caroténoïdes) et de folate présents dans le kiwi, en plus de sa teneur en mélatonine3. Autrement dit, ce n’est probablement pas la mélatonine seule qui agit, mais l’ensemble du profil nutritionnel du fruit.
Aliment vs complément : une différence de dose… et de composés associés
C’est LE point crucial à comprendre avant de remplacer sa boîte de comprimés par un panier de courses : la mélatonine contenue dans les aliments est des centaines à des milliers de fois plus faible que celle d’un comprimé de complément1. Manger des pistaches ne revient donc absolument pas à prendre une dose de mélatonine.
Mais cette différence de dose cache un argument intéressant en faveur de l’assiette. Les aliments contenant de la mélatonine apportent aussi d’autres composés bioactifs, comme des antioxydants et des molécules anti-inflammatoires, qui peuvent eux-mêmes contribuer aux bénéfices sur le sommeil1. C’est exactement l’hypothèse avancée par les chercheurs de l’étude sur le kiwi3.
À l’inverse, les compléments de mélatonine ne sont pas régulés de la même manière et peuvent avoir des effets secondaires1. L’alimentation présente donc un profil de risque très différent.
Dernière limite à connaître, et elle est de taille : la recherche n’a pas encore déterminé quelle quantité de mélatonine alimentaire serait nécessaire pour atteindre un taux sanguin « thérapeutique » comparable à celui d’un complément5. Selon les chercheurs cités par la Sleep Foundation, les aliments contenant de la mélatonine, de la sérotonine, du tryptophane et autres nutriments liés au sommeil peuvent aider à renforcer le cycle veille-sommeil naturel, mais des études plus larges restent nécessaires4.
En résumé : manger ces aliments est une habitude alimentaire raisonnable et sans risque, pas un traitement de l’insomnie5.
Comment intégrer ces aliments dans sa routine du soir
Pas besoin de bouleverser votre cuisine : quelques ajustements simples suffisent pour faire la part belle à ces aliments. Quelques idées concrètes, à adapter librement à vos goûts et à votre mode de vie :
Côté collation du soir
- Une petite poignée de pistaches ou d’amandes, éventuellement accompagnée de quelques baies de goji séchées.
- Un kiwi coupé en deux, environ une heure avant le coucher, comme dans le protocole de l’étude taïwanaise3.
Côté boissons
- Un verre de jus de cerise acide non sucré en fin de journée, en gardant en tête que l’étude de référence utilisait environ 470 ml par jour2.
- Une tisane au lait chaud, façon rituel réconfortant, pour profiter de la teneur en mélatonine du lait1.
Côté repas
- Un dîner à base de lentilles, de pois chiches ou de soja, qui combinent mélatonine et protéines végétales1.
- Du saumon au four avec des champignons de Paris poêlés : deux sources animales de mélatonine dans la même assiette1.
- Des œufs au dîner, par exemple en omelette aux champignons1.
L’idée n’est pas de transformer chaque repas en protocole clinique, mais de privilégier régulièrement ces aliments si vous aimez leur goût. C’est la régularité et le plaisir de manger qui font la différence sur le long terme, bien plus qu’une portion calculée au gramme près.
Questions fréquentes (FAQ)
Quels aliments contiennent le plus de mélatonine ?
Selon WebMD, les principales sources alimentaires de mélatonine sont les cerises acides et leur jus, les pistaches, les noix et les amandes, les baies de goji, les œufs, le lait, les champignons (de Paris et cèpes) et les poissons comme le saumon. Les lentilles, le soja et les pois chiches en contiennent également. Attention toutefois : les bases de données alimentaires ne renseignent souvent pas la quantité exacte de mélatonine par aliment.
Manger des aliments riches en mélatonine remplace-t-il un complément ?
Non. La mélatonine contenue dans les aliments est des centaines à des milliers de fois plus faible que celle d’un comprimé de complément. La recherche n’a d’ailleurs pas déterminé quelle quantité de mélatonine alimentaire serait nécessaire pour atteindre un taux sanguin comparable à un complément. Manger ces aliments reste une habitude raisonnable et sans risque, mais ce n’est pas un traitement de l’insomnie.
Le kiwi aide-t-il vraiment à dormir ?
Une étude de la Taipei Medical University publiée en 2011 a montré des résultats encourageants chez 24 adultes mangeant 2 kiwis 1 heure avant le coucher pendant 4 semaines : latence d’endormissement réduite de 35,4 %, temps de sommeil augmenté de 13,4 % et temps d’éveil nocturne réduit de 28,9 %. Mais l’étude est de petite taille et sans groupe placebo : ces résultats demandent confirmation.
Combien de jus de cerise acide faut-il boire pour dormir mieux ?
L’étude de référence (Pigeon et al., 2010) utilisait 16 oz de jus par jour, soit environ 470 ml, chez des adultes âgés souffrant d’insomnie chronique. Les participants ont rapporté environ 30 minutes de sommeil en plus, mais l’amélioration portait surtout sur le temps passé éveillé après l’endormissement, pas sur la vitesse d’endormissement. Il s’agit d’une étude unique de petite taille : considérez le jus de cerise comme un aliment intéressant, pas comme un somnifère.
Y a-t-il des risques à manger ces aliments le soir ?
Pour la grande majorité des gens, intégrer des cerises, des fruits à coque, des kiwis, des œufs, du lait ou des légumineuses à son alimentation est une habitude raisonnable et sans risque. Si vous avez une allergie (fruits à coque, kiwi, lait, etc.) ou une condition particulière, adaptez évidemment vos choix en conséquence. En cas d’insomnie persistante, le bon réflexe reste d’en parler à un professionnel de santé.
Pour aller plus loin
- Mélatonine : dosage, efficacité et quand la prendre
- Mélatonine végétale pour dormir : posologie, bienfaits, avis et efficacité réelle
- Melatonine pour dormir : efficacité, posologie, dangers et alternatives naturelles
Sources scientifiques
- WebMD, Foods High in Melatonin, https://www.webmd.com/diet/foods-high-in-melatonin
- Pigeon W.R. et al., Journal of Medicinal Food, université de Rochester, essai randomisé en double aveugle avec cross-over sur le jus de cerise acide Montmorency chez 15 adultes âgés souffrant d’insomnie chronique, 2010
- Taipei Medical University, Asia Pacific Journal of Clinical Nutrition, étude sur la consommation de 2 kiwis 1 heure avant le coucher chez 24 adultes avec troubles du sommeil auto-rapportés, 2011
- Sleep Foundation, aliments riches en mélatonine et nutriments liés au sommeil, https://www.sleepfoundation.org
- Limites scientifiques sur la mélatonine alimentaire : absence de donnée sur la quantité nécessaire pour atteindre un taux sanguin thérapeutique comparable à un complément (synthèse des sources citées ci-dessus)
Quand consulter un professionnel de santé ?
Les conseils d'hygiène du sommeil apportent un soutien quotidien mais ne remplacent pas un diagnostic médical. Prenez rendez-vous avec votre médecin traitant si :
- Vos difficultés durent plus de 3 mois à raison d'au moins 3 nuits par semaine (critère d'insomnie chronique).
- Vous ressentez une somnolence diurne incontrôlable ou des risques d'endormissement au volant.
- Votre entourage constate des ronflements bruyants avec arrêts respiratoires (suspicion d'apnée obstructive).
- Vous ressentez des impatiences, des douleurs ou des brûlures dans les jambes au repos.
Termes techniques de cet article
- Insomnie chronique
- Trouble du sommeil persistant qui touche 13,1 % des 18-75 ans en France (Baromètre santé 2017, Santé publique France, BEH n°8-9/2019). Sa prise en charge se révèle particulièrement complexe quand une dépression est présente, les deux troubles s'influençant mutuellement. Agir sur la routine du soir constitue souvent le premier réflexe, et un avis médical reste nécessaire pour un accompagnement adapté.
- Insomnie
- Difficulté persistante à s'endormir ou à maintenir le sommeil, avec retentissement diurne. On parle d'insomnie chronique quand les symptômes surviennent au moins 3 nuits par semaine depuis plus de 3 mois. Traitement de référence : la TCC-I (thérapie cognitivo-comportementale).Insomnie chronique : causes et solutions
- Efficacité du sommeil
- Mesure du rapport entre le temps réellement dormi et le temps passé au lit, exprimée en pourcentage. Elle s'évalue notamment par polysomnographie et diminue lorsque les éveils nocturnes ou la latence d'endormissement augmentent. Un abaissement de cette efficacité est observé chez les femmes ménopausées.
- Valériane
- Plante utilisée en tisane, orientée vers l'insomnie d'endormissement et l'agitation mentale. Selon les comparatifs disponibles, elle affiche la meilleure efficacité prouvée des plantes du sommeil, avec un délai d'effet de 2 à 4 semaines en continu. Elle se combine bien avec la mélisse ou le houblon. Déconseillée pendant la grossesse, comme la passiflore et le kava.
Définitions issues du glossaire du sommeil.
Comment citer cet article
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- comment-dormir.fr. (2026). Aliments riches en mélatonine : cerises, kiwi et plus. https://comment-dormir.fr/aliments-riches-en-melatonine/
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- « Aliments riches en mélatonine : cerises, kiwi et plus », comment-dormir.fr, mis à jour le 24 août 2026, https://comment-dormir.fr/aliments-riches-en-melatonine/
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