L'essentiel
En bref : En France en 2025, la zopiclone est délivrée et remboursée à un volume nettement supérieur à celui du zolpidem : 14 314 496 boîtes contre 5 284 669 (Open Medic, Assurance Maladie, données nationales 2025), soit 2,71 fois plus. C'est l'inverse de ce que la notoriété du Stilnox, nom commercial du zolpidem...
Mis à jour le 1 septembre 2026
En bref : En France en 2025, la zopiclone est délivrée et remboursée à un volume nettement supérieur à celui du zolpidem : 14 314 496 boîtes contre 5 284 669 (Open Medic, Assurance Maladie, données nationales 2025), soit 2,71 fois plus. C’est l’inverse de ce que la notoriété du Stilnox, nom commercial du zolpidem, pourrait laisser penser.
💊 Deux hypnotiques, une même famille réglementaire
Le dossier thématique de l’ANSM « Bon usage des benzodiazépines » (publié le 8 avril 2025, mis à jour le 3 septembre 2025) identifie le zolpidem (Stilnox et génériques) et la zopiclone (Imovane et génériques) comme les deux seuls médicaments apparentés aux benzodiazépines commercialisés en France pour l’insomnie. Les deux molécules suivent les mêmes règles d’usage recommandées par l’ANSM : un traitement bref, de 2 à 5 jours pour une insomnie occasionnelle et jusqu’à 2 à 3 semaines pour une insomnie transitoire, avec une préférence pour les formes à demi-vie courte chez le sujet âgé.
📊 Les volumes réels délivrés en 2025
L’extraction de la base complémentaire Open Medic au niveau ATC5 (fichier national, sans ventilation régionale, millésime 2025, Assurance Maladie) donne les volumes suivants :
| Molécule | Code ATC5 | Boîtes délivrées et remboursées (2025) | Consommants distincts (2025) |
|---|---|---|---|
| Zopiclone | N05CF01 | 14 314 496 | 1 615 740 |
| Zolpidem | N05CF02 | 5 284 669 | 504 646 |
Le rapport zopiclone/zolpidem est de 2,71 en nombre de boîtes et de 3,20 en nombre de consommants distincts. Les deux mesures convergent dans le même sens : que l’on compte les boîtes délivrées ou les personnes traitées, la zopiclone domine largement le zolpidem en France en 2025.
Ces deux ratios ne sont pas identiques (2,71 contre 3,20), ce qui signale un écart de boîtes délivrées par patient traité entre les deux molécules. En rapportant simplement les boîtes de chaque molécule à son nombre de consommants, on obtient environ 8,9 boîtes par patient et par an pour la zopiclone (14 314 496 boîtes pour 1 615 740 consommants), contre environ 10,5 boîtes par patient et par an pour le zolpidem (5 284 669 boîtes pour 504 646 consommants). Le fichier Open Medic ne précise pas le contenu en comprimés de chaque boîte ni la posologie journalière : cet écart ne permet donc pas de conclure à un traitement plus long ou plus intensif pour l’un ou l’autre, seulement à un nombre moyen de boîtes délivrées par patient plus élevé pour le zolpidem que pour la zopiclone sur l’année 2025.
🔍 Ce que ces chiffres autorisent à dire, et ce qu’ils n’autorisent pas
Ce qu’on peut dire : en 2025, en France, la zopiclone est délivrée et remboursée à un volume nettement supérieur à celui du zolpidem, sur les deux mesures disponibles (boîtes et consommants distincts), dans un ordre de grandeur de 2,7 à 3,2 fois.
Ce qu’on ne peut pas dire : que les Français « préfèrent » l’une des deux molécules au sens d’un choix individuel, ce choix relevant de la prescription médicale et non d’une préférence du patient ; que l’écart en boîtes reflète un écart de quantité de substance active réellement consommée, les posologies et les durées de boîte n’étant pas identiques entre les deux molécules et n’étant pas mesurées dans ce fichier ; qu’il s’agit d’un chiffre de prévalence de l’insomnie ou de mésusage, Open Medic mesurant la délivrance remboursée en ville, pas l’usage réel, le mésusage, ni les délivrances en milieu hospitalier.
🧓 Une même prudence recommandée chez le sujet âgé
L’ANSM recommande, pour les deux molécules comme pour l’ensemble des benzodiazépines et apparentés, de privilégier les formes à demi-vie courte et de réduire la posologie chez la personne âgée, en raison d’une sensibilité accrue aux chutes et aux troubles cognitifs. Cette recommandation ne distingue pas le zolpidem de la zopiclone : elle s’applique aux deux, dans les mêmes termes, dans le dossier ANSM consulté pour cet article.
📖 Pour aller plus loin, consultez notre page d’outils sur le sommeil et notre guide complet du sommeil.
Quand consulter un professionnel de santé ?
Les conseils d'hygiène du sommeil apportent un soutien quotidien mais ne remplacent pas un diagnostic médical. Prenez rendez-vous avec votre médecin traitant si :
- Vos difficultés durent plus de 3 mois à raison d'au moins 3 nuits par semaine (critère d'insomnie chronique).
- Vous ressentez une somnolence diurne incontrôlable ou des risques d'endormissement au volant.
- Votre entourage constate des ronflements bruyants avec arrêts respiratoires (suspicion d'apnée obstructive).
- Vous ressentez des impatiences, des douleurs ou des brûlures dans les jambes au repos.
Termes techniques de cet article
- Benzodiazépines
- Famille de médicaments agissant sur les récepteurs GABA-A, le principal neurotransmetteur inhibiteur du cerveau. Utilisées comme somnifères, elles induisent un sommeil pharmacologique différent du sommeil naturel : elles suppriment le sommeil lent profond et le sommeil paradoxal, les phases les plus réparatrices. Non adaptées au traitement long cours, elles présentent un risque de dépendance et sont déconseillées en usage chronique.
- Insomnie
- Difficulté persistante à s'endormir ou à maintenir le sommeil, avec retentissement diurne. On parle d'insomnie chronique quand les symptômes surviennent au moins 3 nuits par semaine depuis plus de 3 mois. Traitement de référence : la TCC-I (thérapie cognitivo-comportementale).Insomnie chronique : causes et solutions
- Insomnie chronique
- Trouble du sommeil persistant qui touche 13,1 % des 18-75 ans en France (Baromètre santé 2017, Santé publique France, BEH n°8-9/2019). Sa prise en charge se révèle particulièrement complexe quand une dépression est présente, les deux troubles s'influençant mutuellement. Agir sur la routine du soir constitue souvent le premier réflexe, et un avis médical reste nécessaire pour un accompagnement adapté.
Définitions issues du glossaire du sommeil.

