L'essentiel
En bref : Le Baromètre de Santé publique France, édition 2024, décline pour la première fois trois indicateurs de sommeil (durée sur 24 heures, part de petits dormeurs, plainte d'insomnie) région par région. Des écarts existent, mais la plupart ne sont pas statistiquement significatifs : ils ne permettent pas d'établir un palmarès fiable des régions...
Mis à jour le 1 septembre 2026
En bref : Le Baromètre de Santé publique France, édition 2024, décline pour la première fois trois indicateurs de sommeil (durée sur 24 heures, part de petits dormeurs, plainte d’insomnie) région par région. Des écarts existent, mais la plupart ne sont pas statistiquement significatifs : ils ne permettent pas d’établir un palmarès fiable des régions où l’on dort le mieux.
📊 Ce que dit vraiment le Baromètre santé 2024
Le Baromètre de Santé publique France, édition 2024, interroge 34 940 personnes de 18 à 79 ans et publie pour la première fois une déclinaison par région (17 régions et 4 DROM ; Mayotte est absente de l’échantillon de l’enquête). Au niveau national, le temps de sommeil moyen sur 24 heures est de 7h32, la part de petits dormeurs (six heures ou moins) est de 21,5 % et la plainte d’insomnie concerne environ un tiers des adultes (33,1 %).
Région par région, ces trois indicateurs se répartissent ainsi (Baromètre de Santé publique France, édition 2024, rapport détaillé, Tableau 3, page 6) :
- Durée de sommeil sur 24 heures : de 7h19 en Guadeloupe à 7h41 à La Réunion.
- Petits dormeurs (six heures ou moins) : de 18,4 % en Pays de la Loire à 34,1 % en Guadeloupe.
- Plainte d’insomnie : de 30,9 % en Bourgogne-Franche-Comté à 39,4 % à La Réunion.
⚠️ Pourquoi un palmarès serait trompeur
Le rapport du Baromètre teste la significativité statistique de chaque écart régional par rapport à la moyenne des autres régions (test de Wald/chi2, après standardisation sur le sexe, l’âge et le mode de collecte). Sur les 17 régions et DROM étudiés, seuls 7 présentent un écart significatif sur la durée de sommeil, 7 sur la part de petits dormeurs, et seulement 3 sur la plainte d’insomnie. La majorité des différences observées entre régions relève donc du bruit statistique, pas d’un écart réel démontré.
Les régions où au moins un des trois indicateurs est significatif ne sont pas les mêmes selon l’indicateur retenu. La Bretagne se distingue sur la durée (7h38) et les petits dormeurs (18,6 %), mais pas sur la plainte d’insomnie (32,2 %, écart non significatif). La Guadeloupe se distingue sur les trois indicateurs à la fois (7h19, 34,1 %, 38,5 %). L’Île-de-France se distingue sur la durée (7h28) et les petits dormeurs (24,1 %), mais pas sur la plainte d’insomnie (33 %, écart non significatif). Composer un classement unique à partir de résultats aussi disparates reviendrait à choisir arbitrairement quel indicateur privilégier pour départager les régions.
Autre limite structurelle : 2024 est le premier millésime du Baromètre décliné par région. Sans second point de mesure dans le temps, aucune tendance ni évolution régionale ne peut être établie à partir de cette seule édition.
💊 L’indicateur indirect : la consommation d’hypnotiques par région
Une autre source régionalisée existe : la Cartographie des pathologies et des dépenses (Cnam/DSES/DEPP), fiche « Traitements hypnotiques (hors pathologies) », millésime 2024. Elle recense 1 075 000 personnes prises en charge pour hypnotiques au niveau national, un taux brut de 15,9 pour mille, et 63 % de femmes parmi ces personnes. Déclinée sur 18 régions (DROM séparés), le taux standardisé par région va de 10,81 pour mille en Auvergne-Rhône-Alpes à 24,83 pour mille dans les Hauts-de-France.
Ce chiffre ne mesure pas la qualité du sommeil : c’est un indicateur de soin, qui dépend autant de l’accès aux médecins et des habitudes de prescription régionales que des troubles du sommeil eux-mêmes. Une région où les hypnotiques sont davantage délivrés n’est pas nécessairement une région où l’on dort plus mal ; elle peut être une région où l’on consulte et où l’on prescrit davantage. Un palmarès construit sur ce seul indicateur mesurerait donc l’offre de soins autant que le sommeil réel des habitants.
🗺️ Deux sources, deux découpages régionaux différents
Le Baromètre santé 2024 (17 régions et DROM, Mayotte absente) et la Cartographie des pathologies (18 régions, DROM séparés dont Mayotte) ne suivent pas le même découpage géographique. Une troisième source, Open Medic (Assurance Maladie), utilisée ailleurs sur ce site pour la délivrance de médicaments, suit encore un autre découpage (13 régions, référentiel 2016, Corse fondue avec Provence-Alpes-Côte d’Azur, DROM regroupés en un seul bloc). Ces trois cartographies régionales ne doivent jamais être superposées sous un même nom de région : un chiffre Open Medic pour « Provence-Alpes-Côte d’Azur » inclut la Corse, un chiffre Cartographie ou Baromètre pour la même région ne l’inclut pas.
✅ Ce qu’on peut honnêtement dire
Les données publiques ne permettent pas de désigner « la région où l’on dort le mieux » en France : les écarts entre régions sont, pour la plupart, statistiquement non significatifs, mesurés sur un seul millésime, et parfois contradictoires selon l’indicateur choisi. Ce qu’on peut dire honnêtement : quelques régions se distinguent sur des indicateurs précis et documentés, la Guadeloupe et La Réunion sur plusieurs indicateurs à la fois, la Bretagne et l’Île-de-France sur deux des trois ; et la consommation d’hypnotiques varie fortement d’une région à l’autre, sans que cet écart traduise directement une différence de qualité de sommeil entre les habitants.
📖 Pour aller plus loin, consultez notre page d’outils sur le sommeil et notre guide complet du sommeil.
Quand consulter un professionnel de santé ?
Les conseils d'hygiène du sommeil apportent un soutien quotidien mais ne remplacent pas un diagnostic médical. Prenez rendez-vous avec votre médecin traitant si :
- Vos difficultés durent plus de 3 mois à raison d'au moins 3 nuits par semaine (critère d'insomnie chronique).
- Vous ressentez une somnolence diurne incontrôlable ou des risques d'endormissement au volant.
- Votre entourage constate des ronflements bruyants avec arrêts respiratoires (suspicion d'apnée obstructive).
- Vous ressentez des impatiences, des douleurs ou des brûlures dans les jambes au repos.



